Et si les règles racontaient bien plus qu’une expérience individuelle ? Dans cet épisode, trois femmes de générations différentes partagent leurs témoignages, entre tabous et libération de la parole. À travers leurs récits se dessine l’évolution du regard porté sur les menstruations : une expérience sociale, universelle et pourtant singulière.
Réalisation : Camille, Mathilde, Emeline
Accompagnement éditorial et scientifique : Louis Braverman et Aziliz Peaudecerf
Musique : Thomas Peiser
Visuel : Youna Vignault
Ce podcast a été réalisé grâce au soutien du festival Ressac, du Labers, de la licence Sciences Sanitaires et Sociales de l’Université de Bretagne Occidentale.
Transcription
Épisode 1 – Au fil des générations
Précisions pour faciliter la lecture :
- Les textes en gras et italique correspondent aux parties du générique.
- Les textes en gras correspondent aux narrations.
- Les indications en italique jaune et souligné en gris décrivent la musique et générique.
DÉBUT GÉNÉRIQUE
Speaker 0 : Alors pour moi, personnellement, je ne vois pas du tout les règles comme quelque chose de tabou.
Narration : Menstruaudio, le podcast qui dit tout sur les règles Épisode 1 Au fil des générations
FIN DU GÉNÉRIQUE
Speaker 1 : On devait certainement en parler un petit peu, mais c’était un petit peu tabou, je pense.
Speaker 2 : Dans la mesure où on discutait beaucoup, les règles n’étaient pas non plus un tabou ni quoi que ce soit.
Musique
Narration :
On nous apprend la honte de nos corps, de nos règles, de nos poils, de nos odeurs. Virginie Despentes, King Kong Théorie.
Speaker 0 : Je sais que c’est ma mère qui m’en parlait le plus.
Speaker 1 : Maman m’a expliqué ce que l’on devait faire pour vivre normalement.
Speaker 0 : Parfois, ça m’arrivait quand même de poser la question. Elle me disait juste, c’est du sang qui coule des parties intimes.
Speaker 1 : Je devais avoir 11 ans, 100 et demi.
Speaker 2 : Oui, je m’en souviens, notamment un départ en camp de vacances avec plusieurs jeunes où j’avais eu cette période-là. Et puis, ce n’était pas forcément très agréable, mais on se souvient tous de nos premières règles.
Musique
Narration : L’instruction est le premier moyen d’émancipation. Madeleine Pelletier, la femme en lutte pour ses droits.
Speaker 2 : On pouvait être amené quelquefois à demander une protection aux copines parce que c’était arrivé quand il ne fallait pas.
Speaker 0 : Je l’ai plus appris à l’école.
Speaker 1 : Des toilettes toutes simples et non fermées et je ne pense pas me rappeler qu’il y avait des poubelles.
Speaker 0 : Si ce jour-là, je ne suis pas au travail et que je suis chez moi, que je suis de repos ou que je n’ai pas école, en fait, je reste toute la journée au lit.
Speaker 1 : Dans ma profession, également, pas de problème. On me demandait d’aller aux toilettes quand j’étais ouvrière. Après, quand j’étais, bien sûr, à mon compte avec mon époux, ce n’était pas la même façon.
Speaker 2 : Ce n’est pas embêtant du tout. Je peux me déplacer à souhait, quand c’est nécessaire.
Speaker 0 : Ça m’est déjà arrivé de ne pas y aller parce que c’était pile au jour où
j’avais de grosses douleurs et du coup, je ne pouvais pas y aller parce que c’est horrible de rester debout pendant plusieurs heures.
Speaker 1 : Je me permettais d’aller plus facilement aux toilettes et de faire un changement.
Musique
Alors à l’époque, on avait des serviettes périodiques, mais certainement beaucoup plus simples qu’actuellement.
Speaker 0 : Moi, j’ai toujours testé que le tampon et la serviette hygiénique. Je n’ai même pas encore testé les culottes menstruelles ou la cup. Je n’ai pas du tout encore testé parce que moi, c’est vrai que j’ai les a priori assez classiques envers ça. Je n’imagine pas trop les culottes menstruelles comme pratiques.
Speaker 1 : C’était confortable, mais quelquefois, avec le flux des règles, ça n’était
peut-être pas assez important. Et on voit qu’actuellement, c’est quand même supérieur.
Speaker 0 : En choisissant sa protection périodique parmi celles qui sont présentes ou qui sont proposées, en augmentant la différence, je pense que chaque femme peut trouver ce qui lui plaît et ce qui lui convient au mieux. Et c’est bien de ne pas se limiter qu’à des serviettes ou à des tampons, parce que forcément, il y a des femmes qui ne vont pas trouver leur bonheur, entre guillemets, entre seulement deux protections.
Speaker 1 : Serviettes qui étaient assez absorbantes et qui ne procuraient pas d’irritation. Et je faisais quand même attention à ça.
Speaker 0 : C’est vrai que je ne fais pas du tout attention à ce genre de choses. Pourtant, je sais que, par exemple, il y a des protections avec du coton bio. C’est vrai que je ne me tourne même pas vers ce genre de protection, tout simplement parce qu’elle coûte super cher. Et que moi, quand j’achète mes protections, je vais toujours au moins cher, tout simplement pour faire des économies.
Musique
Moi, j’avais entendu parler, par exemple, du choc toxique. C’était suite à quand j’étais plus jeune. J’étais tombée, du coup, sur un article qui parlait d’une jeune fille qui était décédée par suite d’un choc toxique parce qu’elle avait gardé son tampon plus de six heures. Si on dort avec un tampon, c’est sûr qu’on dépasse le quota suggéré. Mais c’est vrai que les réseaux sociaux, ils peuvent beaucoup aider pour tout ce qui est du
renseignement. Par exemple, maintenant, c’est super facile d’effectuer une recherche sur TikTok. Qu’est-ce que ce sont les règles ?
Speaker 1 : Je pense que les jeunes femmes maintenant ont quand même beaucoup de soutien, gynécologues, sage-femmes, qu’on avait peut-être un petit peu moins à mon époque.
Speaker 2 : Aujourd’hui, la communication est assez importante, même au niveau des publicités qui sont quand même assez bien faites. Aujourd’hui, les jeunes filles, ça ne doit plus être un handicap, je pense, parce que tout est fait pour que ça se passe bien.
Speaker 0 : Ce que j’ai remarqué, c’est au niveau, par exemple, des publicités. Moi, je me souviens de quand j’étais petite, des fameuses publicités où le sang, c’était bleu. Et d’ailleurs, je me demandais toujours, mais pourquoi est-ce qu’il y a du bleu ? Je ne comprenais pas ces publicités, pourquoi est-ce que c’était bleu ? C’est vrai
qu’aujourd’hui, je vois plus de publicités, même j’ai l’impression de voir que ça quand je vois une publicité sur des protections périodiques. Si le sang est représenté, là, pour le coup, c’est vraiment du sang rouge et pas le fameux liquide bleu.
Musique
Speaker 2 : L’arrêt des règles, c’est une chose, mais je pense que ça représente quand même un grand bouleversement. Il y a peut-être aussi des douleurs qui peuvent apparaître. L’arrêt des règles, on peut proprement parler, c’est une bonne chose, mais je suis sûre que ça, la ménopause, engendre d’autres maux, certainement.
Speaker 1 : Les règles, c’est toujours quelque chose qu’on appréhende un petit peu tous les mois. Et puis là, c’était mieux. Ça n’a pas changé beaucoup dans ma vie, sauf que c’était quand même plus simple sans les règles. Ma ménopause s’est passée environ autour des 48-50 ans. Je n’ai pas eu de gros problèmes comme certaines personnes rencontrent.
Musique
Speaker 2 : Si ça se déroule comme se sont passées les règles pendant ma vie, ça ira. Mais on peut appréhender, puisqu’il y a des femmes qui en souffrent beaucoup quand même. Juste pour l’arrêt des règles, effectivement, mais je pense qu’au départ, ce n’est pas bien défini non plus.
Speaker 0 : C’est bien de reconnaître les contraintes des menstruations.
DÉBUT DU GÉNÉRIQUE
Et puis ouais, je suis sûre que si les menstruations touchaient les hommes, c’est sûr que ça aurait été réglé depuis très très longtemps.
Narration : Un podcast réalisé par Mathilde, Camille et Emeline, étudiantes à l’UBO en licence sciences sanitaires et sociales.
Accompagnement éditorial et scientifique, Louis Braverman et Azliz Peaudecerf. Musique, Thomas Pézer. Ce podcast a été créé dans le cadre du festival RESSAC.
FIN DU GÉNÉRIQUE