Sang commun : les règles dans la famille explore la manière dont la socialisation primaire, c’est-à-dire l’ensemble des processus par lesquels les individus se construisent au sein de leur famille durant l’enfance et l’adolescence, influence les représentations des menstruations. Nous montrons comment ces perceptions, loin d’être purement individuelles, résultent d’un héritage social transmis de génération en génération. Les témoignages recueillis illustrent également une évolution marquée dans la façon d’aborder ce sujet au sein du cercle familial.
Réalisation : Délia, Léora, Aline, Louane, Juliette
Accompagnement éditorial et scientifique : Louis Braverman et Aziliz Peaudecerf
Musique : Thomas Peiser
Visuel : Youna Vignault
Ce podcast a été réalisé grâce au soutien du festival Ressac, du Labers, de la licence Sciences Sanitaires et Sociales de l’Université de Bretagne Occidentale.
Transcription
Menstruaudio
Épisode 2 – Sans commun, les règles dans la famille
Précisions pour faciliter la lecture :
- Les textes en gras et italique correspondent aux parties du générique.
- Les textes en gras correspondent aux narrations.
- Les indications en italique jaune et souligné en gris décrivent la musique et générique.
DÉBUT DU GÉNÉRIQUE
Richard : Je n'étais pas curieux du tout. Après, je reste un homme, donc du coup, ce ne sont pas trop mes problèmes. Donc, je ne m'intéressais pas. Et heureusement que je suis un homme. Je n'aimerais pas être à votre place pour le coup.
Irène: Oui, un peu ce sentiment d'être… Par rapport aux garçons, ils ont de la chance, quoi.
Narration : Menstruaudio, le podcast qui dit tout sur les règles. Épisode 2 Sans commun, les règles dans la famille ?
FIN DU GÉNÉRIQUE
Irène: Le sang qui est à la fois un fardeau, mais aussi une possibilité. Voilà, à ce moment-là. Irène Ménard, moi j'ai 77 ans bientôt, donc née en 48. J'étais partie quand même de la génération qui ont pris les premières pilules très dosées à l'époque. J'étais réglée vers 11 ans et demi. Je me rappelle au moment, ma mère m'en a parlé avant, alors quand je ne pourrais pas, honnêtement j'aurais du mal à dire. Par contre, elle m'a expliqué, c'est-à-dire que je n'ai pas été surprise de ces règles qui arrivaient, je n'ai pas été ravie.
Musique
Lilou: Les premières fois, je n'en ai pas spécialement de souvenirs. C'était l'été entre ma sixième et ma cinquième, donc j'étais âgée de 11 ans. Et la première fois,
c'est arrivé chez mes grands-parents. Donc j'étais plus ou moins embêtée dans le sens où il n'y avait pas le matériel pour me protéger on va dire. Du coup je suis directement descendue en parler avec ma grand-mère et on a fait le nécessaire. Et par contre une autre fois, toujours dans ce même été, donc le mois suivant, Lorsque mes règles sont arrivées, j'ai eu un vertige et je me suis évanouie. Je m'appelle Lilou Daoulas, j'ai 20 ans et je suis la grande sœur aînée d'une fratrie de trois petites sœurs. Elle nous en a parlé assez tôt, elle nous a expliqué, nous on le voyait dans tous les cas, elle nous disait quand elle avait ses règles, elle nous avait expliqué ce que c'était, etc. Donc
c'était pas forcément quelque chose que j'appréhendais. Elle nous a expliqué aussi ce que c'était, genre. c'était un certain passage dans la puberté. Donc il y avait vraiment zéro tabou dans ma famille à propos de ça. Donc ça, c'était assez chouette. Et puis au fur et à mesure, tout le monde commence un peu à les avoir au collège. Donc on en parle entre nous, avec mes copines. Je sais que tout le monde a toujours été très ouvert à en discuter. Peut-être mes grands-parents. Je sais que mon père était plus gêné de la situation. Eux, ils ne savaient pas trop comment le gérer. Donc, mon père m'avait proposé d'acheter mille et un trucs pour calmer tout ça. Et ma grand-mère, je sais que ça a toujours été un peu plus tabou chez elle, notamment avec ma mère
avant. Donc, j'avais peut-être plus d'appréhension. Au final, ça s'était très, très bien passé.
Musique
Richard : En fait, dans notre famille, on ne parle pas beaucoup, pas énormément de choses comme ça. On vit la chose et puis voilà. Je m'appelle Richard Maléjac, 48 ans bientôt. Ça m'évoque la perte de sang et tout ça, le changement de comportement pour les femmes, les hormones, les machins. Et comment, et puis ce que ça engendre pour vous, des maux de tête, de ventre.
Lilou: une copine que je m'étais faite au lycée. On a eu deux éducations parfaitement différentes j'ai envie de dire, dans le sens où moi mes parents sont très jeunes aussi, donc le fait qu'ils soient jeunes, et elle ses parents au contraire étaient plus âgés. on va dire que la moyenne des parents de notre âge, elle elle a beaucoup moins pu en parler, c'est un sujet qu'elle évite aussi bien les règles que la contraception ou le sexe en général. C'est un sujet où elle était très gênée de dire à sa mère qu'elle les avait eues ou elle a préféré se mettre du papier toilette dans la culotte en attendant d'aller acheter elle-même des serviettes hygiéniques, etc. J'ai conscience de la chance que j'ai eue, moi, de vivre dans une famille et de grandir dans une famille qui était très ouverte et qui a préféré casser les
tabous plutôt que d'en instaurer, et du coup d'instaurer une gêne sur quelque chose de naturel chez nous. Et oui, c'est ces échanges-là que j'ai eus avec cette copine qui m'ont fait me rendre compte que ce n’était pas pareil partout et que c'était un sujet si ouvert et si libre que je le pensais avant.
Musique
Richard : Ça a bien évolué. Je pense que maintenant, la vie actuelle, il n'y a plus vraiment de tabou. On parle de tout et c'est mieux de parler librement de tout. On en voit un peu plus de pubs à la télé où ça montre bien que c'est un truc qui n'a pas à être tabou. Ça devient un peu plus libre maintenant. Peut-être que les gens comprennent un peu plus et se font moins d'idées.
Irène: Je ne sais pas très bien, mais je pense que les parents peuvent être aidés aussi, même aujourd'hui. Justement à travers des articles par exemple, qui peut être lu justement sur le ressenti au moment des règles. Ça peut aider les familles indirectement, c'est-à-dire en rendant les jeunes encore plus libres de leurs paroles et de leurs questions, indirectement, ça aide les parents. Quand les enfants posent des questions, ça peut aider aussi les parents d'une certaine manière. Ça peut même parfois leur éviter, s'ils sont gênés, de faire le premier pas. Voilà.
Musique
Richard : On parle voilà on parler pas du tous
Parce qu'elle ressent que je suis présent quand même dans les bons et les mauvais moments. Notre but en tant que parents, c'est de toujours être là pour faire grandir et apprendre la vie. Sur les règles, non, ce sera plus avec Amel. Pour les autres sujets, oui, il faut justement être là, je pense.
Irène: Pour ma fille, c'est plus moi qui suis allée vers elle, mais je pense qu'il y a une question de personnalité. Après, je suis sûrement pour quelque chose, on est toujours pour quelque chose, les parents, mais il y a quand même sa personnalité, et que c'est moi qui lui ai expliqué suffisamment tôt. Elle m'a écoutée scrupuleusement.
Lilou: comme mon père a pris la même place que ma mère c'est pas lui qui avait abordé le sujet avec moi parce qu'il ne parlait pas de quelque chose qu'il ne connaissait pas et qu'il ne vivait pas mais en revanche sur tout ce qui va être expliqué que c'est normal que ça arrive jeune que c'est normal d'avoir des douleurs que ça dure plus longtemps d'avoir un flux plus ou moins élevé que d'autres je pense que c'est très important que ça vienne à la fois du papa et de la maman et sur un pied d'égalité.
DÉBUT DU GÉNÉRIQUE
Narration : Un podcast réalisé par Juliette, Delia, Louane, Aline et Léora, étudiantes à l'UBO en licence sciences sanitaires et sociales.
Accompagnement éditorial et scientifique, Louis Braverman et Aziliz Peaudecerf. Musique, Thomas Peiser. Ce podcast a été créé dans le cadre du festival RESSAC.
DÉBUT DU GÉNÉRIQUE