Des femmes et des professionnelles de santé parlent librement de la ménopause, des symptômes associés, des traitements possibles ainsi que de son accompagnement. Ces femmes racontent leurs expériences à travers des témoignages authentiques et nous invitent à mieux comprendre cette étape de la vie.
Réalisation : Elyott, Mathilde, Jamila, Morgane, Bérénice, Gouchnea
Accompagnement éditorial et scientifique : Louis Braverman et Aziliz Peaudecerf
Musique : Thomas Peiser
Visuel : Youna Vignault

Ce podcast a été réalisé grâce au soutien du festival Ressac, du Labers, de la licence Sciences Sanitaires et Sociales de l’Université de Bretagne Occidentale.

 

Transcription

 

Menstruaudio

Épisode 10 La ménopause le second printemps Transcription

Précisions pour faciliter la lecture :

  • Les textes en gras correspondent aux narrations
  • Les textes en italiques correspondent aux témoignages
  • Les textes surlignés en jaune correspondent aux musiques

DÉBUT DU GÉNÉRIQUE

Speaker 0: Quand on est une femme, on souffre avec des règles. On souffre d'avoir des gosses et on souffre à la ménopause. On souffre tout le temps.

Narration : Menstruaudio, le podcast qui dit tout sur les règles.

Épisode 10 La ménopause, le second printemps

FIN DU GÉNÉRIQUE

Speaker 1: Alors la ménopause, c'est la fin des cycles réguliers d'une femme, donc une baisse des hormones féminines avec tout ce que ça engendre, beaucoup d'effets cliniques et aussi toutes les protections qu'on a avec les hormones féminines

qui vont disparaître et apparaître à la ménopause, comme tous les risques cardiovasculaires par exemple.

Musique

Speaker 4: On a rencontré une professionnelle de santé. Elle nous décrit les principaux symptômes de la ménopause.

Speaker 1: Principalement, ce sont les bouffées de chaleur, les troubles de l'humeur. Et c'est ce qui est, on va dire, le principal.

Speaker 0: Moi, les bouffées de chaleur au début… Mais à part ça, je ne peux pas dire que j'ai été très dérangée par la ménopause. Ça vient vraiment petit à petit. Mais par contre, là, maintenant, oui, j'ai tout le temps chaud.

Speaker 3: Moi, j'avais aussi toujours chaud. J'ai des jambes et des pieds qui chauffent la nuit, donc impossible de dormir. J'avais des jambes sans repos. Ça bouillonne, bouillonne, bouillonne. Même ton corps, ça bouillonne, ça bouillonne.

Speaker 1: Il y en a qui n'ont strictement rien, il y en a tous les tableaux inimaginables, c'est-à-dire de la dame qui n'a rien à celle qui a tout. Après on peut tout avoir, des douleurs articulaires, une fatigue permanente, mais tout ça est lié.

Speaker 2: Et quand on ne dort pas, du coup on est plus fatigué, plus irritable, c'est compliqué de se concentrer sur son travail. Et du coup, ça engendre tout un tas d'autres problématiques qui sont plus en lien avec la fatigue et le sommeil qu'avec la ménopause en soi.

Speaker 1: Il y a tout ce qui est risque de dépression, problème de l'humeur, où les femmes se lèvent le matin, elles ne savent pas pourquoi, elles pleurent alors qu'il ne se passe rien. Et puis il y a tout ce qui est lié au problème de la sémiologie médicale, c'est-à-dire des douleurs dans le sein, des hémorragies, des dames qui

ont très très mal au ventre, les problèmes de peau, cutanée, sécheresse vaginale par exemple.

Début musique de fond

Speaker 2: Les symptômes de la ménopause sont assez divers, assez variés et sont plus ou moins intenses en fonction des personnes. Et même si la ménopause en soi

ce n'est pas une maladie, ça engendre une symptomatologie qui peut être difficile à vivre au quotidien.

Fin musique de fond

Speaker 3: Quoi qu'on fasse, il y a des symptômes. Après un an, j'en ai tellement ras-le-bol. Je ne vais pas tenir parce que je vais m'épuiser. Du coup, je me suis partie sur un traitement hormonal. Et là, le corps qui se met en pause. C'est tout calme. Je n'ai plus de bouffée. Je dors mieux. Mes douleurs sont parties.

Musique

Speaker 1: Pour celles qui en ont besoin, un traitement hormonal substitutif français, ce sont des hormones naturelles, très très bénéfiques puisqu'il va ralentir tous ses effets en maintenant un taux d'hormones féminines chez la dame ménopausée.

Speaker 0: Non, moi je refuse de prendre un traitement hormonal. Après c'est mon choix, mais en même temps, ça va. Si j'avais plus de symptômes, bah oui je l'aurais fait, je pense, je ne sais pas.

Speaker 1: On vieillit beaucoup mieux avec ce traitement hormonal, mais ce n'est pas donné pour ça, bien sûr. Il y a des femmes qui essayent des plantes, il y a l'acupuncture, il y a l'homéopathie. Tout peut s'essayer parce qu'il n'y a pas une femme qui réagit pareil.

Début musique de fond

Speaker 1 : Mais on peut déclencher des ménopause précoces avec des traitements de cancérologie, parce qu' en fait, ça va tout arrêter. C'est une ménopause qui est chimique, et très rarement, les femmes reviennent avec un cycle. Donc ça, ce n'est pas grave quand on est dans l'âge de la ménopause, mais quand on a 35 ans, 40 ans, c'est plus embêtant.

Fin musique de fond

En règle générale, on va dire que la moyenne, c'est 50 ans, 55 ans. Mais on peut avoir des femmes qui sont ménopausées très jeunes, à 40 ans, et d'autres plus tardivement, vers 65 ans.

Speaker 0: J'étais quand même assez jeune, moi j'avais 45, je crois, quand j'ai commencé à avoir les premiers symptômes. Ça fait un choc de se dire que, wow, ça y est, on y est.

Speaker 1: On ne peut pas prévenir la ménopause, mais en parler, oui. Parce que tous ces symptômes, la majorité des femmes, elles ne savent pas que ça va arriver. Non, on ne prend pas le temps d'expliquer ça. Ça prend 5-10 minutes d'expliquer les choses. Mais bon, ce n'est pas fait dans la grande majorité des cas. Donc, prévention, il n'y en a pas. Information, pas beaucoup. Bon, j'espère que ça va changer. Ça changera avec le temps. La majorité des fois, les dames, soit elles en parlent à leur médecin, qu'elles leur disent « bah ouais, c'est normal », pas tous, mais en grande partie, c'est « bah ouais, c'est normal », donc elles doivent faire avec. Les gynécologues, qui sont censés leur expliquer, on s'aperçoit qu'ils n'ont pas le temps, et puis bon, oui, c'est normal. Et puis quand la dame, elle ne va pas bien, on leur dit « et comment elle faisait avant ? ». Sauf qu'on n'est plus au Moyen-Âge, on est en 2025.

Speaker 2: Et quand on en parle à des professionnels de santé, je ne parle que de ma propre expérience. C'est parfois compliqué de dialoguer parce qu'effectivement, comme la ménopause n'est pas une pathologie, ce n'est pas intéressant du point de vue de la médecine. Le fait de parler de la ménopause, de proposer les traitements qui existent, le fait d'en parler et de préparer ces femmes à ce moment de leur vie, ça pourrait les aider à traverser cette période de la vie qui n'est pas si facile.

Musique

Speaker 0: À quoi on pense ? On pense à la vieillesse, on ne pense plus pouvoir avoir d'enfants. Mais c'est après se dire, en fait, c'est plus ça, c'est vraiment, on va dire, même si on ne veut pas d'enfants, c'est se dire que la vie de femme, où tu peux effectivement avoir des enfants, te dire, tu iras très dessus. Ce n'est pas rien. Il faut vraiment écouter ce que notre corps renvoie et voilà.

Speaker 3: Les femmes ménopausées, ça n'intéresse personne. On n'en parle pas. C'est quelque chose qu'on n'en parle pas. On cache.

Speaker 2: Je trouve qu'en matière de santé, les femmes, en règle générale, sont un peu invisibilisées. Et puis les femmes ménopausées particulièrement. Je pense qu'il y a encore un peu un tabou pour en parler à ses proches parce qu'on ne nous apprend pas quand on est plus jeune ce que ça va être la ménopause plus tard.

Speaker 1: Mais ce n'est pas toujours facile… à admettre déjà, et puis ce n'est pas facile à supporter le tout. Et la dame n'est pas forcément préparée à ça.

Speaker 3: En fait, ça te tombe dessus. Tu te dis, mais qu'est-ce qui m'arrive ? Moi, j'avais l'impression que je n'avais plus de contrôle de mon corps.

Musique

Speaker 2: J'aurais envie de leur dire que je pense que la ménopause, c'est une période de vie qui est un peu particulière pour les femmes. Et il ne faut pas se décourager, il faut continuer.

Speaker 0: Bah il faut essayer de le vivre le mieux possible, voila. Essayer de trouver ce qui nous va mieux. Que la vieillesse, c'est un naufrage. Profitez, quoi !

Début musique générique de fin

Narration : Un podcast réalisé par Mathilde, Jamila, Elliot, Morgane, Gouchnea et Berenice, étudiants à l'UBO en sciences sanitaires et sociales.

Accompagnement éditorial et scientifique : Louis Braverman et Aziliz Peaudecerf.

Musique : Thomas Peiser.

Ce podcast a été créé dans le cadre du festival RESSAC.

Fin musique générique