Une femme ayant vécu une ménopause anticipée suite à l’endométriose et une hystérectomie nous raconte son histoire. Elle nous décrit l’impact que cela a eu sur sa vie sociale et émotionnelle. À travers son témoignage, elle met des mots sur une expérience encore trop peu comprise. Ce podcast a pour objectif d’ouvrir le dialogue et d’offrir une nouvelle vision de la ménopause.
Réalisation : Estelle, Eugénie, Inès
Accompagnement éditorial et scientifique : Louis Braverman et Aziliz Peaudecerf
Musique : Thomas Peiser
Visuel : Youna Vignault
Ce podcast a été réalisé grâce au soutien du festival Ressac, du Labers, de la licence Sciences Sanitaires et Sociales de l’Université de Bretagne Occidentale.
Transcription
Épisode 9 – Trop tôt pour toi, juste à temps pour moi. Transcription
Précisions pour faciliter la lecture :
- Les textes en gras sont les narrations
- Les indications en gras et italique en jaune décrivent les musciques et génériques.
- Les indications en italique décrivent les conversations.
DÉBUT DU GÉNÉRIQUE
Femme: Voilà, j'ai été à 49 ans, donc avec plus de règles. Donc ça a été un vrai soulagement pour ma part. C'est une endométriose qui a fait une anticipation sur le… la ménopause. Voilà, je n'ai pas eu de pré-ménopause.
Narration: Menstruaudio, le podcast qui dit tout sur les règles. Episode 9 Trop tôt pour toi, juste à temps pour moi.
FIN DU GÉNÉRIQUE
Femme: Depuis très très très longtemps, il y avait des symptômes donc, qui apportent des fortes douleurs. Et ensuite, vers l'âge de 40…49 ans, on m'a enlevé l'utérus. On a gardé que les ovaires, puisque ça fonctionnait encore un tout petit peu. J'ai été à 49 ans, donc avec plus de règles. Donc ça a été un vrai soulagement pour ma part.
Musique
Narratrice: Et à ce moment-là, vous avez compris ce que ça impliquait pour vous que la ménopause allait
arriver juste après ?
Femme: Alors, dans un premier temps, c'était tellement un soulagement, une délivrance, on va dire. Donc, j'ai complètement occulté ce qui m'est arrivé au niveau de mon corps, de ce changement, en fait. Puisqu'au niveau psychologique, effectivement, je n'ai pas été bien préparée à savoir que la ménopause, il y a des choses qu'on a pu ressentir au niveau du corps de la femme. Et ça manquait peut-être un petit peu de préparation psychologique dans ce sens. Mais ce qui a pris le pas, en fait, c'est la délivrance au niveau des douleurs.
Narratrice: Et après cette opération, vous avez vu les symptômes arriver ou ça ne se voyait pas trop du coup ?
Fin musique
Femme: C'est venu au fur et à mesure. Donc, dans un premier temps, il n'y a pas eu grand-chose, en fait, à part que l'arrêt des règles. Mais sinon, c'est depuis, on va dire, un an à peu près ? Et même un petit peu plus sur le sommeil qui est arrivé. Le sommeil, perturbations, voilà. Et ensuite, quelques bouffées de chaleur, mais c'est très léger. Aussi, la mémoire, je le sens également. Et également, je pense que tout ça, c'est les hormones et tout, quelques sécheresses. Et également, la perte de libido.(sourie)
Narratrice: Face à ça, est-ce qu'on vous a conseillé des traitements où il n'y avait pas nécessité ?
Femme: Je trouve que c'est minime, car j'ai eu tellement de traitements pour l'endométriose qu'en fait, je ne suis pas pour atténuer les méfaits de la ménopause. Je trouve que ça peut continuer dans ce sens. Pour ma part, ça ne me gêne pas plus dans mon quotidien au vu de ce que j'ai eu avant.
Narratrice: Est-ce que cette ménopause anticipée, ça a changé ou bouleversé votre vie ?
Femme: Alors, ça a changé dans le sens où, en effet, je n'ai pas été préparée et je n'ai pas eu la pré-ménopause. Au fur et à mesure, en fait, la femme, elle ressent que ça arrive et donc elle commence à s'habituer. Donc, la femme, elle ressent tout au niveau de sa menstruation. Elle sent à quel moment il y a l'ovulation, à quel moment elle a des petites douleurs, au moment où elle, vraiment, je dis « petite » normalement, Quand les règles arrivent, c'est beau chez la femme puisqu'on sent notre corps vivre en fait.
Et quand on nous enlève subitement l'utérus, quand tout est coupé subitement, effectivement, toutes ces choses-là partent d'un coup. Et ça, ça peut être dur le temps que ça arrive là-haut et qu'on puisse comprendre. Mais c'est se détacher de son corps qui ne vit plus comme auparavant.
Musique
Narratrice: Est-ce que ça crée du coup un rapport différent à son corps, sa féminité ?
Femme: Un petit peu, forcément, parce qu'on se dit qu'on a perdu quelque chose, alors il faut vite prendre le pas dessus. Mais sinon, ça va. Sur l'aspect psychologique, effectivement, on sait que c'est là. Alors moi, je me dis… C'est bien parce que l'endométriose, je ne l'ai plus. Mais c'est vrai que c'est juste le côté où ça arrivait subitement.
Narratrice: Et juste pour l'opération, juste pour plus de précision, c'est avec votre médecin que vous avez vu qu'il fallait peut-être faire l'opération parce que c'était trop douloureux ? Ou comment c'est détecté ? Parce que je pense qu'il y a plein de femmes qui sont dans le cas-là, qui ont l'endométriose et qui, peut-être, sont trop jeunes. Et du coup, ils se disent « on ne va pas en enlever parce qu'il y a la ménopause qui va arriver, peut-être qu'ils veulent des enfants ». Est-ce qu'il y a une solution pour avoir aussi des enfants, même s'il y a l'endométriose, etc.
Femme: Oui, alors vous avez cité une très très bonne question et j’ai oublié de vous préciser en me présentant que effectivement J'ai un enfant. donc souvent on a associé l’endométriose avec fertilité c’est vrai aussi et donc moi j’ai un enfant donc voilà J'ai 51 ans, mais j'ai un enfant de 22 ans. Donc, il faut… il faut vraiment faire attention sur ce sujet, car ce n'est pas une fatalité, en fait, la fertilité quand on a l'endométriose. Et ensuite, effectivement, ce n'est pas si évident. Car il y a 20 ans, ou même il y a 15 ans de cela, dire qu'on avait mal, qu'on avait ces règles, c'était normal, en fait. C'était une normalité. Et or, aujourd'hui, non, on fait plus attention parce que c'est rentré un petit peu plus dans les mœurs. Et moi, ça a été, oui, un long chemin pour savoir, puisque bon, aussi bien les examens, échographie et autres n'ont pas pu détecter. Ça a été par l'IRM, en fait. Tout simplement, et donc on a pu voir, et il y a eu des traitements également, parce qu'on n'enlève pas tout de suite, en effet, parce qu'on se donne aussi cette chance pour la fertilité, voilà, il y avait peut-être un deuxième aussi que je voulais, mais donc on a essayé, c'est comme ça qu'un petit peu on a creusé, on a su, et ça a pris vraiment beaucoup de temps. On va dire un traitement, un suivi sur, je dirais, facile dix ans. Je suis passée par plusieurs médecins,
spécialistes également. Certains se sont trompés aussi avec des choses pas très sympas à entendre, mais…parce qu'ils étaient à côté tout simplement et ils n'étaient pas encore bien… adapté, je pense, par rapport à l'endométriose. donc, mais aujourd'hui, j'entends de plus en plus, on a mis vraiment des aménagements, et puis il y a eu quelque chose qui a été voté aussi dans ce sens, donc voilà, bravo, parce que auparavant, même sur le travail, des absences, c'était compliqué. Je souligne, l'endométrio, ce n'est pas une fatalité pour la fertilité, ça c'est super important.
Narratrice: Okay et pour l'aspect psychologique, comme vous en avez parlé, est-ce que vous êtes assez soutenu ? Est-ce qu'il y a un accompagnement après ça, ou c'est plutôt la famille, l'entourage ?
Femme: Alors, en effet, on discute avec les amis, il y a aussi, je trouve, on va chercher les émissions pour écouter, je pense qu'il y a un petit peu plus d'émissions aujourd'hui, notamment aussi bien pour la ménopause que pour l'endométriose, car moi, quand c'est arrivé il y a fort longtemps, on n'entendait pas trop, parce que c'était normal d'avoir mal quand on avait ces règles, or non ! Et je trouve qu'il y a beaucoup d'émissions aujourd'hui. J'arrive à… Alors peut-être parce que je suis dans cette phase, donc je capte plus facilement.
Narratrice: Est-ce que vous avez eu des aménagements dans le travail ou dans la vie sociale ou les activités ? Est-ce que vous avez changé de sport par rapport à comment vous vous sentez mieux ou moins bien ?
Femme: L'endométriose, il y a eu des aménagements de travail, puisque effectivement, ça pouvait apporter quelques catastrophes et des fortes douleurs. Et ensuite, au niveau sport, effectivement, je refais plus de sport, comme la course, la course à pied, puisque je ne pouvais pas auparavant. Donc, c'est un réel bien-être. Donc, c'est sympa.
Narratrice: Ok. Est-ce que par rapport à ce que vous aviez comme attente avant l'opération et la réalité, est-ce que vous avez quelque chose à dire pour les médecins ou les jeunes femmes qui vont peut-être passer par la même épreuve que vous avez passée ?
Femme: Alors c'est de se faire confiance déjà, et ensuite d'avoir une préparation psychologique, car tout s'arrête au niveau de l'intimité. Je ne l'ai pas eu assez, moi, à mon niveau. On a fait focus sur l'endométriose et on enlève… ce qui ne va pas. et après boum on se retrouve face à ce qui va nous tomber
dessus en fait et je pense qu'on devrait tout accompagner même si en fait je trouve que c'est très très bien et ça ça n'a pas été proposé et je pense que dans ce processus c'est à intégrer.
DÉBUT DU GÉNÉRIQUE
Narration : Podcast réalisé par Estelle Inès Eugénie, étudiante à l'UBO en licence sciences sanitaires et sociales.
Accompagnement éditorial et scientifique, Louis Braverman et Aziliz Peaudecerf. Musique, Thomas Peiser. Ce podcast a été créé dans le cadre du festival RESSAC.
FIN DU GÉNÉRIQUE